Des recherches au service de la société

Comité d’éthique et intégrité scientifique : des recherches qui respectent la société

En 2019, le comité d’éthique, commun avec l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA), a achevé son mandat. En effet, un nouveau comité d’éthique sera mis en place avec l’Université Gustave Eiffel alors que l’IRSTEA et l’INRA ont fusionné pour former l’INRAE, l'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement (qui s’appuie sur le comité d’éthique de l’ex-Inra).

Les travaux du comité d’éthique ont principalement porté sur l’intégrité scientifique. Comment mener une recherche honnête en tant que chercheur mais aussi comme laboratoire et enfin en tant qu’établissement ? À l’heure des fausses informations et d’une défiance de la société à l’égard des travaux scientifiques, il est essentiel de garantir l’honnêteté du travail effectué. En s’appuyant sur l’abondante bibliographie existante, en partageant son expérience avec d’autres instituts (CNRS et INRA notamment) et en invitant le président de l’OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique), le comité d’éthique a pu mettre en évidence les différentes formes de manquement à l’intégrité scientifique. Elles peuvent être élémentaires, avec par exemple l’oubli essentiel de la citation, mais deviennent parfois vertigineuses comme la manipulation de données ou le plagiat. Une règle s’impose : il n’y a pas de petits manquements à l’intégrité scientifique. 

En suivant les recommandations du comité d’éthique, un référent à l’intégrité scientifique (RIS) indépendant de toute hiérarchie a été nommé à l’Ifsttar. Il est le même que celui de l’UPEM et sera celui de l’Université Gustave Eiffel. Il peut être saisi en toute indépendance aussi bien par un personnel que par la direction de l’Institut afin d’éclairer toute forme de manquement à l’intégrité scientifique. Ce RIS fait partie du réseau des RIS coordonné par l’Office Français de l'Intégrité Scientifique (OFIS), ce qui favorise le partage d’expériences.

Toujours en suivant les recommandations du comité d’éthique, l’Institut et la future Université Gustave Eiffel souhaitent mettre en place une politique d'intégrité scientifique fondée sur le principe « prévenir, alerter, secourir ». Prévenir pour ne pas avoir à secourir, grâce à des présentations aux nouveaux arrivants et à l’intégration de cette mission de prévention parmi les tâches des directeurs de départements et de laboratoires et sur une page intranet dédiée.


Plaquette de présentation de la stratégie scientifique de l'Ifsttar [.pdf]

Le doctorat : un pont vers l’emploi

Entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2019, 699 thèses de « doctorants Ifsttar » ont été soutenues. Au cours de l’année 2019, 57 soutenances ont eu lieu, avec une durée moyenne de 39 mois (3,26 années), un écart-type de 5 mois, et une médiane de 38 mois (3,15 années). Seules 3 thèses affichent une durée supérieure à 3,5 années. Ces bonnes valeurs d’indicateurs sont le fruit d’une démarche qualité partagée par tous les acteurs qui interviennent dans le processus d’encadrement et de suivi des doctorants puis des docteurs. La qualité de cette démarche a été soulignée par le comité d’évaluation HCERES de l’Ifsttar (campagne d’évaluation 2018-2019 – vague E) dans l’un des points forts : « Un accueil et un accompagnement des doctorants spécifiques et de qualité. »

Le suivi du devenir des docteurs est effectué sur une période de 5 ans suivant celle de l’année de soutenance. Le taux de réponse des 448 « docteurs Ifsttar » de 2014 à 2019, est de 97%. Le taux d’emploi (emplois à durée indéterminée + emplois à durée déterminée) au 31 décembre 2019 varie entre 90% à 1 an (docteurs 2018) et 100% à 5 ans (docteurs 2014).

Au 31 décembre de l’année de soutenance, entre 70 et 81% des docteurs sont déjà en emploi. Pour les accompagner dans leur démarche, l’Ifsttar a mis au point des règles de prolongation ou de pont entre contrat de thèse – quel qu’il soit – et premier emploi :

  • Prolongation (ou embauche) sur contrat de recherche : par dérogation à la charte d’emploi des Contrats à Durée Déterminée (CDD) – pas de contrat court, d’une durée inférieure à 12 mois –, quand la date de soutenance est connue avant la date de fin du contrat de thèse, les doctorants sont prolongés pour une durée de 3 à 6 mois, suivant les disponibilités financières du contrat de recherche support de dépenses.
  •  Pont entre contrat de thèse et premier emploi : lorsque la date de soutenance est connue avant la fin du contrat de thèse, que la date de démarrage d’un emploi, en France ou à l’étranger, est connue, sous réserve de disponibilités financières et d’Equivalent Temps Plein (ETP) disponibles sur subvention, les doctorants concernés sont prolongés (ou embauchés) pour une durée de 3 mois.

Ces dispositions permettent de régler un certain nombre de problèmes, en particulier dans le cas de doctorants étrangers (titres de séjour), et dans le cas de doctorants communautaires qui n’ont alors pas à effectuer de démarches auprès de Pôle emploi, consacrant alors tout leur temps de fin de thèse à terminer leur rédaction, sans avoir d’inquiétude sur leurs revenus.

Ces ponts sont complémentaires aux prolongations de droit du contrat doctoral en cas de congé de maternité ou de longue maladie au cours de la thèse.

À titre d’illustration, au cours de la période 2018-2019, 9 docteurs ont bénéficié d’une prolongation ou d'une embauche sur contrat de recherche, et quatorze docteurs ont bénéficié d’un pont sur subvention. Vingt d’entre eux ont réellement enchaîné prolongation ou pont et emploi.

Le suivi des fins de thèses à l’Ifsttar est donc efficace. Les doctorants futurs docteurs sont accompagnés à tous niveaux. D'une part cela conduit à une maîtrise de la durée des thèses - inférieure au premier seuil de 40 mois du MESRI – et d’autre part les thèses se terminent dans de bonnes conditions et les jeunes docteurs Ifsttar trouvent du travail.

Dans le cadre de l’Université Gustave Eiffel, les doctorants du périmètre Ifsttar continueront à être suivi, conformément à la démarche qualité encore existante pour ce périmètre. Il est maintenant envisagé de développer cette démarche pour la nouvelle université. Ceci ne pourra se faire que si chaque acteur est conscient de l’importance du suivi des doctorants pendant et après la thèse, tout en commençant par être strict sur le financement effectif des doctorants pendant leurs travaux de thèse.


L’appui aux politiques publiques : élargir les échanges intéressant l’action publique

L’année 2019 se caractérise par l’accroissement de l’engagement de l’Ifsttar en termes d’actions ciblées et de séminaires de transfert auprès des pouvoirs publics. Avec la création de l’Université Gustave Eiffel au 1er janvier 2020, l’appui aux politiques publiques est rendu symboliquement très visible par la création, formalisée dans ses statuts, d’une vice-présidence Appui aux politiques publiques (APP).

L’enjeu est d’élargir les échanges de connaissances intéressant l’action publique, dans une vaste acception, avec les administrations, les collectivités territoriales, les opérateurs et agences de l’État et les organisations internationales, et de mettre au service de ces organismes et de la collectivité les connaissances applicables issues de la recherche, notamment sous forme d’études et d’expertises, de recommandations techniques, d’appui à la normalisation et à la certification.

Les actions de transfert se sont amplifiées en 2019. On recense onze « séminaires de transfert ». Quelques actions de transfert sont ici illustrées pour les trois axes scientifiques du COP.

L’axe 1 concerne la mobilité, les technologies innovantes, dont la « robomobilité », la sûreté et la sécurité des transports.

 

  • Des actions ont été menées auprès de la DRIEA, de la DIR Nord et de la DiRIF dans le domaine de la mesure de la congestion, de sa modélisation, de sa simulation et de sa régulation. Les éléments les plus marquants sont la mise au point et l’ajustement des algorithmes de régulation de la Région Île-de-France et, pour la Région lilloise, la formation apportée aux trois chargés d’étude concernés.
  • Un important ouvrage collectif de 420 pages, réalisé en 2019 et dirigé par l’Ifsttar, présente un bilan des recherches menées en France en sécurité routière et propose des perspectives en matière de politiques publiques. Il a été salué par la DSR (Délégation à la sécurité routière).

 

Ciblé sur les infrastructures, l’axe 2 prépare les changements liés à la transition énergétique, au changement climatique et à l’apport du numérique.

 

  • En matière d’économie circulaire, une chaire avec la Métropole du Grand Paris a été signée en juin 2019.
  • La Direction de la Recherche et de l'Innovation (DRI) a souhaité que l’Ifsttar transfère davantage ses connaissances en matière d’infrastructures auprès de l’ADTech/typo3/*. Ce transfert a été opéré à deux occasions, lors de la réunion du bureau de l’association à Nantes le 13 juillet où les résultats les plus récents concernant les matériaux alternatifs et l’auscultation des infrastructures routières ont été présentés et complétés par une visite des grands équipements, et le 16 septembre à Bron où, lors de la visite de TRANSPOLIS, les résultats des travaux ont été présentés à l’ensemble des membres.

 

L’axe 3 vise à anticiper les risques naturels et climatiques, à réduire les sources de pollutions et de nuisances pour augmenter la qualité environnementale du transport et des villes, à contribuer aux aménagements et à leur politique pour protéger les populations.

 

  • En matière de qualité environnementale urbaine, deux séminaires de transfert ont été organisés autour de la chambre climatique Sense-City : le 20 novembre, avec Météo-France, pour réfléchir à des scénarios de climats urbains partant des compétences de chaque organisme en termes d’expérimentation et de simulation ; le 26 novembre, avec les partenaires du projet ANR EquipEx Sense-City, en présentant quelques-unes des études réalisées (lutte contre les canicules, route dépolluante, purification d’eau, diagnostic thermique).
  •  En matière de risques naturels, le séminaire de transfert du 11 septembre à Marne-la-Vallée, à l’occasion de la clôture du projet ANR SSHEAR sur les risques d’affouillements des ouvrages, a présenté des avancées importantes dans le domaine du monitoring in-situ des mécanismes d’affouillement des ouvrages d’art lors de crues exceptionnelles.

 

*AdTech : Association des Directeurs TECHniques des métropoles, des départements et des régions.


Le Contrat d'Objectifs et de Performance 2017-2021, version intégrale [.pdf]
Inauguration de la mini ville 2 de Sense-City, le 26 novembre 2019

Une science ouverte sur la société

Questionné par la société, le monde de la recherche est amené à repenser l’accès aux résultats scientifiques, à offrir une plus grande transparence des processus scientifiques et à participer à l’émergence de nouvelles formes de diffusion et d'élaboration de la connaissance. Afin d’anticiper et d’accompagner ces changements, l’Ifsttar a mis en place une démarche d’appropriation de la science ouverte.

Pourquoi et comment ouvrir et partager mes recherches ? Aux chercheurs qui se posent la question ou souhaitent en savoir plus, l’Ifsttar propose un vade-mecum de 35 pages. Objectif de ce concentré de conseils et de bonnes pratiques : les sensibiliser, les informer et les accompagner dans leurs démarches pour rendre leurs recherches accessibles à différents publics. Douze fiches pratiques sont disponibles et regroupées suivant trois axes : ouvrir ses recherches, dialoguer avec la société et co-construire des savoirs.

Données de la recherche

L’année 2019 a été marquée par le lancement d’une offre de formations sur la gestion et l’ouverture des données de la recherche. Ces formations s’inscrivent dans les actions d’accompagnement à la politique de l’Ifsttar en matière de données de la recherche. Elles répondent à un besoin d’informations des chercheurs et des doctorants sur l’élaboration de plans de gestion des données, les bonnes pratiques d’ouverture et les exigences réglementaires.

La formation « Planifier la gestion de ses données de recherche, y compris à caractère personnel », était coanimée par la chargée de mission gestion des données de recherche et la déléguée à la protection des données de l’Institut. Elle a eu beaucoup de succès. Les participants ont apprécié en particulier le traitement exhaustif du sujet et la complémentarité du binôme d’animatrices. Cette formation sera de nouveau proposée sur plusieurs sites en 2020.

Deux autres formations ont également été organisées pour les doctorants de la Comue Université Paris-Est. Fruits d’une collaboration avec l’UPEM, elles ont été conçues et animées avec le référent science ouverte de l’université et le service Promotion et partage des savoirs (PEPS) de l’Ifsttar.

La science tournée vers le jeune public

Avec sa nouvelle collection « Petit Campus »,le service Promotion et partage des savoirs propose des ressources pédagogiques pour mettre les travaux de l’Ifsttar à la portée des collégiens. Les contenus, issus des dossiers thématiques, sont vulgarisés et s’accompagnent de vidéos, de jeux et de ressources pour les enseignants. Réalisées en collaboration avec le Moulin à étincelles et validées par des chercheurs, ces ressources pédagogiques ont pour finalité de susciter chez les enfants un questionnement sur des sujets sociétaux, technologiques ou innovants. Petit campus compte à ce jour 10 numéros disponibles sur l’espace web science et société, mais également sur des portails de culture scientifique et technique tels qu’EchoSciences ou Pop’Sciences.

 

Pour illustrer certains sujets de la collection Petit campus, des animations 2D, réalisées par Visée.A, mettent en scène un petit robot, nommé ELEA. Ainsi, la collection ELEA embarque le jeune public sur la route de 5e génération dans un véhicule autonome, dans le train du futur, et dans les coulisses de la logistique urbaine.

Vingt-deux collégiens, d’une classe de 5e de la région lyonnaise, ont pu bénéficier d’ateliers et de visites pédagogiques en lien avec la question de la durabilité des circuits courts alimentaires. Proposées par les médiatrices scientifiques de l’Ifsttar, ces rencontres ont permis aux élèves de travailler avec Gwenaëlle Raton, chercheuse en géographie sociale. À l’issue de cette expérience, un recueil de poèmes a été créé par les enfants et le poète Emanuel Campo. Le même sujet a fait l’objet d’un webdocumentaire, Le circuit-court est-il un mode de transport plus durable ?, croisant témoignages d’acteurs de la région lyonnaise et éclairages de la recherche.

Une quarantaine d’adolescents du centre aéré et du centre social Gérard Philippe de Bron ont été sensibilisés à la différence de sexe dans la prise de risque routière lors de rencontres avec Marie-Axelle Granié, chercheuse en psychologie sociale. Les enfants y ont notamment imaginé des slogans pour déconstruire les stéréotypes de genre. Dans une approche de pédagogie positive et active, ces ateliers participatifs ont été conçus par l’association Imagineo, en collaboration avec le service Promotion et partage des savoirs et les chercheurs de l’Ifsttar, pour prendre en compte la voix des enfants dans les processus de recherche et d’innovation.

Granié, Marie-Axelle & Rizzi, Véronique & Revol, Jordan & Assailly, Jean-Pascal. (2019). Sensibilisation à la différence de sexe dans la prise de risque routière : expérience d'un atelier participatif avec des enfants de 9-13 ans.

Partager la science au service de la ville

Les 5e Rencontres des Savoirs à Bron (69) ont encouragé les interactions autour du « territoire apprenant » avec ses habitants et ses spécialistes.  Les échanges se sont articulés en deux temps : « actions dans la ville » à partir de la présentation de réalisations transformantes, puis « laboratoire d’idées », où la science invite à la réflexion et à la prospective. Citons parmi les thèmes abordés en 2019 par les Rencontres scientifiques nationales de Bron : « Éducation innovante et populaire », « Éducation et culture : quels leviers pour la ville ? », « Comment l’économie sociale et solidaire participet-elle au projet urbain de demain ? ».

Ces approches concertées suscitent l’intérêt du public. Elles ont vocation à se développer au sein de l’Université Gustave Eiffel qui entend être à la pointe dans la transmission des recherches sur la ville, en lien avec les initiatives existantes sur les territoires.

Le COPIL I-Site FUTURE composé des 6 directeurs d’établissements impliqués, a validé le projet La Fabrique des Savoirs. Cette initiative est issue d’un partenariat entre la direction scientifique de l’Ifsttar, la ville de Champs-sur-Marne et la Communauté d’Agglomération Paris - Vallée de la Marne. Elle aura demandé six mois de travail lors des séances du groupe de travail Événements-culture I-Site FUTURE.

 

La Fabrique des Savoirs entend fédérer et coordonner les actions culture et science avec celles des collectivités territoriales proches du campus de Marne-la-Vallée. Elle croise les apports de la recherche et de l’enseignement avec ceux des centres culturels et sociaux, des établissements scolaires et des associations. En effet, les « défis de la ville de demain » ne pourront être relevés que par la contribution de chacun, et notamment des habitants concernés, tout en leur facilitant l’accès aux « champs communs » de la connaissance et des savoirs urbains.

Cela requiert un renouvellement de la transmission afin de répondre aux besoins d’informations et de participations exprimés par les citoyens. La Fabrique des Savoirs agira pour l’égalité des chances (études et perspectives d’emploi) en s’appuyant sur des « lieux ressources » situés dans les quartiers de la ville.

Le 27 novembre 2019, les Future Days ont ainsi incorporé une conférence grand public, « La Ville Nouvelle : héritages et anticipations urbaines ». L’histoire et le devenir de Champs-sur-Marne ont été interrogés et mis en débat avec un enseignant du campus Descartes, spécialiste du sujet, et un décideur d’ÉpaMarne qui a contextualisé des projets d’aménagements urbains réalisés. Ce format d’événement, ouvert à tous, sera reconduit en 2020 et développé dans La Fabrique des Savoirs, avec l’appui des collectivités qui ont été associées.

Le robot ELEA
La conférence a eu lieu dans le cadres des Future Days 2019