Actions de transfert

L’Ifsttar a toujours mené une politique de valorisation des résultats de ses travaux de recherche scientifique et technologique, notamment sous forme d’appui technique, de transfert de technologie, d’essai et de certification. Ces missions s’exercent en particulier au profit des services des ministères de tutelle et des autres administrations et organismes qui leur sont rattachés.

Différentes actions de transfert sont imaginées afin de favoriser l’écoute mutuelle des besoins de la communauté scientifique et des personnes en charge de la décision publique, d’organiser le transfert des connaissances auprès des porteurs de politiques publiques, vers les directions générales d’administrations centrales et les partenaires institutionnels. Des notes sont produites afin de croiser les regards entre des questions scientifiques et des problématiques venant en appui aux politiques publiques. Ceci permet de montrer l’utilité des recherches et de les valoriser. Ces actions contribuent aussi à traduire les résultats scientifiques en éléments d’aide à la décision. Des séminaires de transfert sont également organisés pour présenter des résultats de recherche auprès des tutelles de l’institut.

Les actions de transfert relatives à la gestion de l’espace public

Fortement contributeurs au bilan carbone de la plupart des pays du monde, les secteurs de la mobilité et de la ville deviennent de plus en plus critiques. Ils influencent non seulement l’attractivité des pays mais aussi la qualité de vie et la santé de leurs habitants. L’évolution de la mobilité convoque les dirigeants à une réflexion sur une nouvelle gestion de l’espace public. La transformation des autoroutes en boulevards urbains, l’hybridation des espaces ou l’augmentation des fonctionnalités assurées par les infrastructures pour accueillir une mobilité partagée, électrique, cycliste, autonome, centrée sur l’accessibilité et moins sur les flux constituent autant de réponses à cette urgence d’accompagner la transformation du secteur. Aujourd’hui, la smart city est reconnue comme contributrice de l’amélioration des indicateurs du développement durable, en facilitant une mobilité plus efficace, flexible et écologique, moins consommatrice d’espace, à condition d’en maîtriser le comportement global.

La stratégie nationale pour le développement des véhicules automatisés répond à un enjeu de souveraineté industrielle mais aussi de désenclavement des territoires. La singularité française en la matière réside dans le parti pris d’inviter l’infrastructure à collaborer très fortement à l’automatisation. Ainsi se profilent de nouveaux besoins en termes d’infrastructures de nouvelle génération, que l’on désigne sous le vocable Route de 5e Génération (R5G), également vertueuses du point de vue de leur empreinte carbone ou de l’adaptation au changement climatique, le climat d’aujourd’hui sollicitant déjà fortement la capacité des réseaux.

S’appuyer sur des technologies à fort pouvoir transformant pour couvrir un ensemble d’enjeux des transports et de la ville offre une voie intéressante. C’est celle qu’a choisi d’emprunter le département COSYS. L’internet des objets, la collecte intelligente de données fiables à toutes les échelles (du satellite au capteur noyé en passant par les drones), les communications agiles et fiables, le traitement massif des données, la perception, la géolocalisation, la modélisation et la régulation à toutes les échelles, l’ingénierie sûre des systèmes, la cybersécurité et la gestion de l’énergie constituent des piliers scientifiques sur lesquels le département a décidé d’investir, en réponse aux défis du véhicule automatisé et de la ville durable. Globalement, il s’agit d’offrir à tous les citoyens les opportunités des territoires numérisés à leur échelle.

Représentation schématique de la R5G © Nicolas Hautière - Ifsttar

Les actions de transfert en sécurité routière

Un ouvrage collectif paru chez l’Harmattan en 2019, La sécurité routière en France : quand la recherche fait son bilan et trace des perspectives, a été dirigé par des chercheurs de l’Ifsttar. Quatre grandes sections sont proposées aux lecteurs : les enjeux de sécurité routière et les conséquences des accidents, la politique de sécurité routière, le triptyque infrastructure-véhicule-usage, les facteurs de risque et de vulnérabilité. Chaque contribution propose l’état de l’art scientifique de la thématique et émet des pistes d’intervention pour progresser vers plus de sécurité.

Quatre chercheurs de l’Ifsttar font partie du comité des experts consultés par le Conseil national de la sécurité routière (CNSR). Ces spécialistes de la sécurité routière éclairent l’action des pouvoirs publics par leur expertise scientifique et technique. Ils se sont réunis chaque mois au ministère de l’Intérieur pour échanger sur différents sujets considérés comme importants au regard des questionnements du CNSR et du contexte social. Leurs travaux ont consisté, par exemple, à émettre des avis sur des mesures envisagées, à réaliser des rapports thématiques, à suggérer des pistes d’actions ou à assurer une veille prospective sur l’apport des nouvelles technologies. Le comité apporte ainsi une étude technique, scientifique et professionnelle sur les projets de recommandations des quatre commissions du CNSR : usagers vulnérables ; éducation routière et risque routier professionnel ; véhicules, technologies innovantes et infrastructures ; santé et déplacements sur la route. Leurs rapports sont accessibles sur le site du CNSR. Ils concernent les engins de déplacement personnel électriques (trottinettes, rollers, gyropodes, hoverboard), les règles d’usages et de partage de l’espace public pouvant être appliquées, les équipements de sécurité qui pourraient être rendus obligatoires, l’accidentologie des piétons, les enjeux de sécurité routière de l’automatisation de la conduite et la dérogation à la vitesse maximale autorisée de 80km/h sur les routes à double sens hors agglomération. Ces recommandations ont beaucoup inspiré le projet de loi d'orientation des mobilités (LOM).

 

Le département Transport, Santé, Sécurité (TS2) a aussi organisé cinq colloques ou journées durant l’année 2019.

  • Lors du colloque sur les risques émergents de la mobilité durable, organisé par le LMA en juillet, une analyse des politiques en faveur de la mobilité durable a été présentée, identifiant les conséquences des politiques et des aménagements, ainsi que la transformation des espaces et des pratiques.
  • TS2 a coorganisé avec l’ENTPE le colloque 2019 de l’ERSA (European Regional Science Association) accueillant à Lyon, fin août, plus de 900 chercheurs en sciences régionales.
  • Après un court rappel historique sur leur naissance et leur justification, la journée "Les études détaillées d'accident" du LMA (Laboratoire Mécanisme d'Accident), organisée en octobre, a bien démontré à partir d'exemples comment comprendre les mécanismes de survenue d'un accident et formuler des recommandations en matière d'aménagement et de protection.
  • TS2 a été coorganisateur, avec l‘Université de Sherbrooke et l’Agence Wallonne Pour la Sécurité Routière, des « 1res journées francophones de la sécurité routière » à Québec (octobre). Ces journées s’intéressaient aux usagers vulnérables.
  • La journée « Traumatismes accidentels : Observatoire de l’Ain et Registre du Rhône », coorganisée en novembre par l’Umrestte (Unité Mixte de Recherche Épidémiologique et de Surveillance Transport Travail Environnement ; Ifsttar/Université Claude Bernard Lyon 1 – UCBL) et les réseaux de médecins et d’urgentistes (Arvac, RESUVal – RESCUe), a permis pour la première fois de produire des résultats sur les accidents de la vie courante et de situer les accidents de la route dans l’ensemble de ces accidents.

 

Le département Transport-Santé-Sécurité (TS2) a aussi organisé six colloques ou journées durant l’année 2019.

  • Lors du colloque sur les risques émergents de la mobilité durable (organisé par le LMA, juillet), une analyse des politiques en faveur de la mobilité durable a été présentée, identifiant les conséquences des politiques et des aménagements, ainsi que la transformation des espaces et des pratiques.
  • TS2 a coorganisé avec l’ENTPE le colloque 2019 de l’ERSA (European Regional Science Association) accueillant à Lyon, fin août, plus de 900 chercheurs en sciences régionales.
  • La journée « études détaillées d’accident » (octobre) du Laboratoire Mécanisme d'Accidents (LMA), après un court rappel historique sur leur naissance et leur justification, a bien démontré à partir d’exemples comment comprendre les mécanismes de survenue d’un accident et formuler des recommandations en matière d’aménagement et de protection.
  • TS2 a été coorganisateur avec l‘Université de Sherbrooke et l’Agence Wallonne Pour la Sécurité Routière des « 1res journées francophones de la sécurité routière » à Québec (octobre). Ces journées s’intéressaient aux usagers vulnérables.

La journée « Traumatismes accidentels : Observatoire de l’Ain et Registre du Rhône » (novembre), coorganisée par l’Umrestte (Unité Mixte de Recherche Épidémiologique et de Surveillance Transport Travail Environnement ; Ifsttar/Université Claude Bernard Lyon 1 – UCBL) et les réseaux de médecins et d’urgentistes (Arvac, RESUVal – RESCUe) a permis pour la première fois de produire des résultats sur les accidents de la vie courante en général et de situer les accidents de la route dans l’ensemble de ces accidents.


Exemples d’actions de transfert réalisées en 2019 dans le domaine de la sécurité routière

Les actions de transfert relatives au management de la mobilité et à l’environnement

Le département AME (Aménagement, Mobilités, Environnement) a également contribué à des actions de transfert sur les questions des évolutions des pratiques de mobilités (marchandises et voyageurs) :

  • Audition à l'Assemblée nationale sur les titres 2 et 4 de la Loi d'Orientation des Mobilités;
  •  Contribution à un des policy brief du T20 « the Infrastructure Nexus: from the Future of Infrastructures to the Infrastructures of the Future », présenté à Tokyo en mai 2019;
  • Contribution au livre blanc « zero emission urban freight » produit par l’Alliance pour la Décarbonation des Transports (TDA);
  • Contribution au séminaire international de l'atelier prospectif sur la vie robomobile, le 28 juin 2019. 
  • Contribution au séminaire final de la Collaboration Structurante de Recherche OBAMO sur l’observation et l’analyse des mobilités le 26 septembre 2019, en présence de représentants du MTES et de la Métropole européenne de Lille.
  • À la demande du MTES, mise en place de Master Class labellisées France Mobilités sur tous les aspects de la gouvernance de l’innovation. AME préside également le comité scientifique France Mobilités.
  • Mise en place d’une chaire financée par SOGARIS sur le sujet de la logistique urbaine. Le programme de la Chaire Logistics City porte sur l’immobilier logistique et les nouvelles tendances de logistique urbaine.
  • Travail sur les dessertes fines du territoire réalisé en lien avec la Région Normandie. Les régions sont en effet fortement demandeuses de critères et méthodes permettant de hiérarchiser les investissements qu’elles devront réaliser sur les petites lignes.

Le département AME a également contribué à des actions de transfert sur les thématiques de l’environnement :

  • Du 16 au 30 juin, une école d’été rassemblant une cinquantaine de personnes a été co-organisée par le département avec l’Université de Montréal et l’Université Libre de Bruxelles;
  • Une chaire a également été signée avec la Métropole du Grand Paris afin de la soutenir dans la mise en œuvre et le rayonnement de sa politique dédiée à l’économie circulaire;
  • Les résultats du projet européen CNOSSOS sur la méthode de caractérisation de l’émission acoustique des véhicules semi-lourds ont été exposés à la mission Bruit et à la DGITM (Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer) au cours d'une réunion de restitution qui s'est tenue en avril 2019.
Master Classe France Mobilités (MCFM)